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dimanche 3 juillet 2011

Pauvre Thémis

                                          

           
C’était un homme puissant, tout-puissant même, qui avait fait de brillantes études et qui était mondialement connu grâce à son savoir-faire en ce qui avait trait notamment aux grandes affaires d’argent. Et non seulement était-il célèbre, mais grâce à un riche mariage il jouissait d’une énorme fortune pour promouvoir ses intérêts sur l’échiquier politique de notre monde.
            Mais cet homme d’influence que ses hautes fonctions au plan international rendaient pratiquement intouchable avait une faiblesse de comportement qui, au fil des ans, avait commencé à attirer l’attention des médias sur certains de ses faits et gestes, compromettant sérieusement du coup sa réputation : il maîtrisait mal ses pulsions sexuelles. Et un beau jour, alors qu’il était en déplacement dans un pays étranger, subitement le ciel lui tombait sur la tête : l’homme se retrouvait au cœur d’une sordide affaire d’agression sexuelle. Une femme de chambre de l’hôtel dans lequel le tout-puissant monsieur avait séjourné disait avoir été attaquée par lui dans le cadre de son travail.
Devant les faits invoqués par la prétendue victime et l’état de choc dans lequel elle se trouvait après l’incident, la direction du complexe hôtelier jugeait l’affaire suffisamment grave pour en prévenir la police sur-le-champ. Et dans l’heure qui suivait, l’« agresseur » était arrêté dans l’avion même qui devait le ramener dans son pays. Incriminé sous sept chefs de crimes sexuels présumés, l’arrestation du puissant gestionnaire du capitalisme international faisait la une des organes de presse du monde entier. Dès lors, l’irréparable était accompli.
Pendant que l’inculpé clamait son innocence et plaidait non coupable aux accusations qui pesaient contre lui, les avocats des deux parties en cause commençaient à fourbir leurs armes en vue de la médiatique joute judiciaire à venir. Et comme tous les coups sont permis de nos jours pour arracher une condamnation ou, à l’inverse y échapper- le procès coûtera plus de deux millions de dollars au prévenu-, l’affaire était enclenchée de façon absolument implacable dès le début de la quête de preuves et de contre-preuves, par les procureurs mandatés des deux adversaires. L’exercice de la justice ne consiste-il pas, à notre époque, à réfuter les assertions de la partie adverse, à fouiller dans le passé de ses témoins pour les discriminer au maximum, afin de leur enlever toute crédibilité aux yeux des jurés?
À titre d’exemple, au cours du procès hyper médiatisé d’O. J. Simpson accusé du meurtre de sa conjointe et de l’amant de celle-ci, il a suffi que la défense démontre que l’un des enquêteurs de police chargés de l’enquête était raciste, pour que les accusations tombent et que l’accusé passe entre les mailles du filet de la justice. Les choses sont ainsi. Dans l’affaire qui nous intéresse, dès le début de l’enquête, les procureurs de l’accusé donnaient ouvertement à entendre qu’ils ajusteraient leur défense en fonction des éléments de preuve incriminant ainsi que récoltés. Et qu’au pire, ils plaideraient la relation sexuelle consentie entre l’accusé et sa prétendue victime.
La plaignante était donc prévenue : la défense du « prince » serait assumée par deux gloires du barreau qui ne reculeraient devant rien pour sauver la mise de leur client. Pour parvenir à leurs fins, rien ne serait épargné à la « bergère » comme turpitudes. Ainsi, les avocats de l’accusé demandaient, en ouverture d’enquête, qu’on leur fournisse des éléments sur le moindre témoin de l’accusation, la victime y compris, une jeune émigrante d’origine africaine, dans l’espoir d’y relever quelque éventuelle présence de « handicap mental ou physique, de troubles émotionnels, ou de dépendance à la drogue ou à l’alcool. » Gare à celui de ces témoins dont le passé pourrait comporter quelque accroc ou irrégularité au blason. Cette tache pourrait conduire la partie adverse à miner sa crédibilité morale, à mettre en doute l’honnêteté de son témoignage, et même à le faire invalider.
Charger la personne qui porte témoignage au maximum, afin de lui donner mauvaise conscience aux yeux des membres du jury. Ainsi, ne laisse-t-on pas déjà à entendre, en ce qui a trait à la présumée victime, que sa démarche pourrait être motivée par la cupidité derrière les accusations qu’elle a porté contre le prévenu, le nouvel avocat de la plaignante ayant la réputation d’avoir pu obtenir, dans des causes antérieures du même genre, des millions de dollars de dédommagement pour ses clients..?
Des manières de faire qui valent aussi bien pour l’accusation que pour la défense. Ne s’inquiète-t-on pas d’ailleurs, du côté des avocats de la défense, et cela à cause de la réputation sulfureuse de leur client, du fait que leurs confrères de la partie plaignante puissent produire des pièces concernant d’autres affaires du passé de l’accusé susceptibles de l’incriminer, mêmes si ces affaires n’ont pas encore fait l’objet de poursuites en justice?
Il y a deux mille ans, l’Agneau de paix qui annonçait aux hommes de ce monde qu’ils devaient changer de comportement, s’ils voulaient trouver grâce sous le regard de Dieu, déclarait aux foules venues l’entendre : « Vous avez entendu encore qu’il a été dit aux anciens : Tu ne parjureras pas, mais tu t’acquitteras envers le Seigneur de tes serments. Et moi, je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel parce que c’est le trône de Dieu, ni par la terre, parce que c’est l’escabeau de ses pieds, ni par Jérusalem, parce que c’est la cité du grand roi. Ne jure pas davantage par ta tête, parce que tu es incapable de rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir. Que votre discours soit : Oui, oui; non, non : tout ce qui est en plus vient du mauvais. » (Matthieu Chap. 5, Vers. 33-37)
Un air d’honnêteté, trompeur comme un éclairage de théâtre… Jurez-vous de dire la vérité, rien que la vérité? Levez la main droite et dites « je le jure »…  Et si Thémis, la déesse aux yeux bandés symbolisant l’impartialité de la justice avait plutôt choisi de se voiler la face avec ce bandeau, pour ne pas voir tous les parjures et autres saloperies du genre qui ont cours dans les enceintes des tribunaux de ce monde? Après tout, le Soleil de justice qui venait apporter la paix aux hommes de cette Terre n’a-t-il pas été envoyé à la mort sur la croix suite aux témoignages de témoins de mauvaise foi, et après que son juge inique eût reconnu son innocence devant ses accusateurs à quatre reprises?

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